Réponse de Pierre Paris au courrier des lecteurs de France Guyane des 9 et 10 janvier 2018

Retrouvez la réponse de Pierre Paris au courrier des lecteurs de France Guyane publié les 9 et janvier 2018.

Cette réponse est parue dans les éditions 12 et 15 janvier.

 

En réponse au courrier du professeur Parépou du 9/01

Monsieur,

Les questions que vous vous posez sur le projet Montagne d’Or sont légitimes et je souhaite vous apporter des premières réponses, en attendant le débat public prévu en Guyane, de mars à juin 2018 et qui sera organisé par la Commission nationale du débat public. Avec toute l’équipe, nous préparons ce débat pour présenter les enjeux du projet, répondre aux questions et écouter les remarques de la population guyanaise.

 

Concernant les installations minières et la surface impactée, je voudrais souligner que le projet  est situé dans une zone autorisée pour l’extraction minière, avec une activité en continu depuis plus de 140 ans. De ce fait, plus de la moitié de la surface impactée a déjà été déboisée.

La surface concernée représente 8 km², sur laquelle seront regroupées toutes les installations : fosse, usine de traitement, verses, parc à résidus, plateforme de services et base vie.

Pour extraire l’or primaire, contenu dans la roche en profondeur, il faut creuser une fosse. Cette fosse, dont la stabilité a été étudiée par des experts, s’agrandit et s’approfondit progressivement au cours de l’exploitation. Au bout de 12 ans, selon l’étude d’ingénierie définitive publiée en 2017, elle aura les dimensions suivantes : 2,5 km de long sur 400 m de large et 120 m de profondeur en moyenne sur le flanc nord. Il est important de préciser que le chiffre de 400 mètres de profondeur a été publié dans les études préliminaires de 2015 et est maintenant totalement dépassé.

 

Au sujet des méthodes d’exploitation et de traitement du minerai. Le sous-sol est constitué d’un premier niveau, composé essentiellement de saprolite. Il est directement excavé à la pelle hydraulique. Ensuite, les roches dures, dont est constitué le gisement, sont d’abord fragmentées à l’explosif, puis chargées dans 9 camions articulés de 40 tonnes et 17 camions rigides de 91 tonnes. Il s’agit d’équipements utilisés classiquement en carrière et dans le BTP. Ces camions utilisent ensuite des rampes et pistes, pour acheminer les roches stériles vers des zones de stockage imperméabilisées et le minerai à l’usine de traitement.

Le minerai extrait est d’abord broyé puis traité par un procédé gravimétrique, une méthode mécanique pour récupérer l’or par gravité. Ce procédé seul ne permet de récupérer que 30 à 50% de l’or. L’utilisation de cyanure en circuit fermé permet d’améliorer notablement la récupération d’or pour atteindre 93,8%. Ces procédés sont encadrés par une réglementation stricte. Aujourd’hui, c’est la technique la plus efficace pour valoriser l’or contenu dans ce gisement. Enfin, le cyanure contenu dans les résidus est détruit avant leur stockage définitif dans le parc à résidus, pour lequel nous avons choisi une technologie éprouvée qui garantit, par sa conception, la sécurité de l’ouvrage

 

Concernant la remise en état du site, vous avez entièrement raison : tous les opérateurs miniers guyanais doivent remettre en état leur site et nous ne ferons pas exception à la règle. Le site sera réaménagé progressivement, des premières années d’exploitation jusqu’à la fermeture. Le réaménagement prévoit le démantèlement de toutes les infrastructures, l’aménagement paysager des verses à stériles et du parc à résidus, la revégétalisation avec des espèces locales et la remontée naturelle des eaux dans la fosse, qui deviendra un lac. Conformément à la règlementation, et ce dès le début du projet, des garanties financières seront constituées auprès d’établissements bancaires. Elles seront utilisées en cas de défaut de l’entreprise, quel que soit le stade d’avancement du projet.

 

Je voudrais rappeler que l’activité minière en Guyane est encadrée par les réglementations française et européenne sur l’environnement, parmi les plus strictes au monde. Bien entendu, nous respecterons toutes les règles en vigueur et nos activités seront contrôlées par les services de l’Etat.

 

En réponse au courrier du professeur Parépou du 10/01 

Monsieur,

 

Dans la deuxième partie de votre courrier, vous faites part de votre inquiétude au sujet des garanties financières pour tenir nos engagements. Je vous confirme que, conformément à la règlementation, et ce dès le début du projet, des garanties financières seront constituées auprès d’établissements bancaires. Elles seront utilisées en cas de défaut de l’entreprise, quel que soit le stade d’avancement du projet.

 

Au sujet de notre engagement pour l’emploi. Si le projet se réalise, il générera 900 emplois en moyenne durant la phase de construction, puis nous aurons besoin de 750 emplois directs pendant l’exploitation. Pour le recrutement, notre priorité est le bassin d’emploi guyanais, et plus particulièrement celui de l’Ouest. Nous offrirons des emplois à tous les niveaux de qualification, d’ouvriers à cadres, dans les secteurs d’activité suivants : production, usine de traitement, suivi environnemental, services administratifs, gestion de la base-vie.

Pour remplir cet engagement lié à l’emploi local, nous participons déjà au développement d’une filière pérenne de formation aux métiers de la mine. Nous travaillons en partenariat avec les acteurs de la filière minière et des organismes locaux, tels que l’Université de Guyane, qui forme la première génération de techniciens supérieurs guyanais, spécialisés en géologie, traitement des minerais et environnement ou le RSMA.

Par ailleurs, nous évaluons à 3 000 le nombre d’emplois indirects et induits, au bénéfice des petites et moyennes entreprises et des prestataires de services guyanais. En menant ce projet, nous avons la volonté de valoriser et de mobiliser les compétences locales, notamment pour répondre aux besoins du secteur minier en Guyane.

Vous mentionnez des subventions qui nous seraient accordées. Je veux affirmer de nouveau que c’est faux : le projet ne reçoit strictement aucune subvention ! Il est financé à 100% par des capitaux privés et ne pèsera donc pas dans les comptes de la collectivité. Par ailleurs, nous allons financer intégralement les infrastructures pérennes comme l’aménagement de la piste d’accès de 125 km et la ligne électrique HT.

Il n’est donc pas question de subventions d’une entreprise privée, mais de dispositifs de soutien à l’initiative privée. Dans ce cadre, l’entreprise bénéficiera de deux dispositifs, auxquels peuvent prétendre les industriels et les particuliers. Le premier est le Crédit d’Impôt qui peut être octroyé à toute entreprise ou particulier qui réalise des investissements productifs neufs dans les DROM. Le second est la Contribution au Service Public de l’Électricité qui compense les surcoûts liés aux charges de service public de l’électricité, dans les zones non interconnectées à l’Hexagone.

 

Concernant la rentabilité du projet, je vous assure que nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet. Nos actionnaires sont prêts à financer 782 millions d’euros d’investissement, 1,5 milliards d’euros de coût de fonctionnement pendant l’exploitation et 350 millions d’euros de taxes et impôts, qui bénéficieront à la collectivité.

 

J’espère avoir répondu à vos questions. N’hésitez pas à consulter également notre site internet www.montagnedor.fr

 

Pierre Paris, Président