La gestion du site

S’y rendre : l’accessibilité du site

La CMO financera intégralement le réaménagement de la piste existante d’accès au site sur 125 km en reprenant l’axe de la piste existante de Paul Isnard, jusqu’au site de Montagne d’Or.

L’actuelle piste de Paul Isnard fait 55 km depuis Saint-Laurent-du- Maroni jusqu’à la Croisée d’Apatou. Cette partie, en accès libre, est gérée et entretenue par l’ONF.

Sur ses quelques 15 premiers kilomètres, elle se caractérise par des zones d’habitations isolées, des zones d’abattis et de recrus forestiers (végétation dégradée de bord de piste). Les 65 derniers kilomètres menant jusqu’à la base-vie Citron relèvent aussi du domaine privé de l’État mais l’entretien est partagé par les opérateurs miniers exploitant à proximité de la piste ou dans le secteur de Paul Isnard.

De la Croisée d’Apatou jusqu’à Saut-pas-trop-tôt, on retrouve une alternance de forêt primaire et de forêt basse.

Sur les 25 km restants, des travaux d’orpaillage historiques et récents, avec des zones de barranques à végétation secondaire arbustive occupent les flats. La Croisée d’Apatou est au carrefour de la piste menant à l’auberge des chutes Voltaire et de celle menant à Citron.

La réfection de la piste consistera en :

  • un défrichement d’une surlargeur de part et d’autre de la piste existante ;
  • la purge des zones altérées et le re-profilage de la piste ;
  • une reprise du revêtement avec plusieurs couches de latérite, matériau imperméable et résistant, facilitant les reprofilages d’entretien pendant les phases de construction et d’exploitation ;
  • un remplacement ou la création de ponts et passages busés au niveau des traversées des criques ;
  • la création d’infrastructures de drainage et de gestion des eaux, dimensionnées afin de permettre le passage d’une crue centennale sans submersion.

Le défrichement sera de 15 à 22 mètres environ de part et d’autre de la piste existante. Les travaux de réfection de la piste Paul Isnard et d’aménagement de la ligne électrique nécessiteront
le défrichement d’une emprise de 682 ha.

Environ 70 % de la surface à défricher est constituée d’habitats dégradés à faible valeur écologique, les 30 % restant étant constitués de forêts à caractère primaire, à forte valeur écologique.

Afin de diminuer les effets sur la flore, les tracés de la piste et de la ligne ont été optimisés de façon à :

  • détourner le tracé de la ligne électrique au niveau de la crique Margot pour l’éloigner des zones à fort enjeu environnemental ;
  • décaler légèrement le tracé de la piste afin d’éviter les principales zones de concentration des espèces protégées ;
  • favoriser le positionnement des pylônes de la ligne dans l’empreinte de zones historiques d’activité minière.

Ces travaux de réfection de la piste Paul-Isnard sont nécessaires pour permettre l’accès au site en toute saison et en toute sécurité pour le transport de personnel par bus et des produits dangereux (fuel, explosif, cyanure) par camion et camion-citerne. L’accès des forces de l’ordre intervenant dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal sera également facilité.

L’accès de la piste sera contrôlé à partir de la Croisée d’Apatou. Un poste de garde occupé 24h sur 24 par une société de sécurité sous la responsabilité de la CMO y sera aménagé avec une barrière.

Y résider et travailler : la base-vie

Si le projet se réalise, la base-vie occupera environ 17 hectares et hébergera les employés pendant les rotations sur site, en chambres doubles ou individuelles. Des navettes en bus assureront la liaison entre la base-vie et Saint-Laurent-du-Maroni afin d’assurer la rotation du personnel.

L’hébergement et la restauration

  • Pendant la phase de travaux préalables, de réfection de la piste Paul Isnard et de construction des premières infrastructures, la capacité de la base-vie actuelle du camp Citron sera augmentée temporairement afin de pouvoir héberger jusqu’à 200 personnes.
    Durant la phase de pré-production et d’exploitation, la base-vie pourra accueillir plus de 450 personnes et offrira des options pour augmenter la capacité de couchage en période de pointe où un deuxième lit pourra être installé dans certaines chambres. Les logements seront répartis dans une quarantaine d’unités proposant entre 10 à 12 chambres chacune.
  • Les employés disposeront également d’un gymnase et d’un terrain multisports.
  • Les services de proximité seront assurés via un commerce et un service de laverie.
  • La cantine et la cafétéria pourront accueillir jusqu’à 900 personnes en période de construction.

L’organisation du travail

Le site minier fonctionnera en continu 24h sur 24, 7 jours sur 7, pendant toute l’année.
Les équipes seront organisées de manière à ce qu’un même poste soit en permanence occupé au cours de la journée. Pour chaque poste, deux équipes seront mobilisées et alterneront avec deux autres équipes, soit quatre équipes pour un même poste. Les journées de travail seront de 12 heures comprenant une heure de pause et les temps de restauration.
Après avoir travaillé quatre jours consécutifs, la première semaine, puis trois jours consécutifs, la semaine suivante, l’employé disposera d’un repos de sept jours.

Le règlement intérieur de la base-vie fera l’objet d’une concertation avec les organisations syndicales et les représentants du personnel dans le respect de la convention collective régionale des mines. Un livret rappelant les obligations santé, sécurité, protection environnementale et sûreté sera remis à chaque employé avant son affectation sur le site. L’enjeu est d’assurer l’harmonie sociale et de définir les bases de respect de la liberté de chacun. Comme toute règle, le respect de toutes ses obligations sera contrôlé en interne et leur non-respect fera l’objet de sanctions disciplinaires le cas échéant.

La santé et la sécurité du personnel

Des mesures et dispositifs spécifiques ont été envisagés afin d’assurer la sécurité du personnel sur le site

  • Les bâtiments du site minier seront protégés par une clôture métallique de 2 mètres de haut pour éviter toute intrusion.
  • Des contrôles seront réalisés pour accéder au site. Ce dernier sera également équipé d’un système de vidéosurveillance et un système d’alarme contre les intrusions et les incendies.

Des moyens spécifiques seront mis en place pour la santé du personnel sur un site isolé

  • Le bâtiment administratif principal disposera d’une infirmerie dotée de réserves de médicaments ;
  • De plus, l’équipe d’infirmiers disposera d’une ambulance, pour une mise en oeuvre rapide des premiers secours ;
  • L’évacuation sanitaire par les hélicoptères du SAMU et/ou du SDIS pourra être mise en œuvre en cas d’extrême urgence;
  • Des armoires à pharmacie seront également disposées dans différentes zones de travail et de repos. Des trousses de premier secours équiperont les véhicules de transport et les engins de
    chantier ;

Un site industriel est un lieu présentant plusieurs dangers liés aux infrastructures, aux matériels et aux équipements.

  • Comme habituellement dans l’industrie minière, une évaluation des risques santé-sécurité sera réalisée avant le démarrage de toute nouvelle activité de travail, et des procédures telles que l’analyse d’accident, les audits comportementaux et l’inspection interne et externe seront mis en oeuvre.
  • Des procédures d’alerte seront définies à titre préventif pour préserver l’humain et l’environnement en cas de situation d’urgence prévue par le système de management Environnement Hygiène Sécurité. Celui-ci sera inspiré des standards industriels des normes OHSAS 18001 Santé et Sécurité au travail et ISO 14001 Environnement.
  • Les procédures d’alertes seront rappelées régulièrement au personnel du site lors de la formation aux premiers secours et par les consignes d’exploitation.
  • Sur le site, plusieurs Secouristes Sauveteurs du Travail, seront présents en permanence et maîtriseront les gestes d’urgence.

Pour les risques d’accidents industriels,

  • Des plans d’urgence seront mis en place avec le Préfet, les services de l’État et les collectivités compétents ;
  • Le personnel associé sera formé et le personnel extérieur travaillant sur le site ou dans ses alentours sera sensibilisé ;
  • Des exercices de mise en situation seront régulièrement organisés sur la base de scénarios prédéfinis comme il en est d’usage sur les sites industriels.

Y vivre : l’eau potable et les déchets

L’eau potable

Le camp minier disposera de trois puits de captage d’eau à partir desquels l’eau du milieu naturel sera pompée et traitée, avant de passer par l’unité de potabilisation. Cette eau sera ensuite stockée dans un réservoir protégé, pour l’alimentation en eau potable des locaux du camp et de l’usine et notamment les douches de sécurité.
La récupération de l’eau de pluie servira à l’arrosage des aménagements paysagers et ouvrages de revégétalisation du site.

Les déchets

Si le projet se réalise, des déchets divers seront produits : déchets de construction, ménagers, de bureaux, de cuisine, emballages… Ils seront gérés selon les principes suivants : réduction à la source, réemploi et recyclage et compostage, tri et évacuation vers des filières agréées sur le territoire guyanais. Aucun déchet ne sera enfoui sur le site minier.

La CMO mettra en place un ensemble d’installations :

  • deux incinérateurs de déchets, l’un pour les déchets produits par la base-vie (déchets ménagers) et l’autre pour les déchets industriels banaux (emballages, carton, caisses en bois) ;
  • des stockages temporaires de déchets en prévision de l’évacuation vers des centres agréés de traitement ou de stockage permanent.