Le gisement primaire de Montagne d’Or

Le bouclier des Guyanes et Ouest-Africain

Le projet Montagne d’Or se situe dans un vaste ensemble géologique appelé « Bouclier des Guyanes » qui s’étend du Vénézuela au Brésil. Initialement, ce Bouclier ne formait qu’un avec le Bouclier Ouest-Africain (de la Guinée au Ghana en passant par le Burkina Faso). Avant l’ouverture de l’Atlantique, il y a une centaine de millions d’années, l’Amérique du Sud et l’Afrique constituaient un seul et même continent. Le territoire de la Guyane appartient à cet ensemble géologique dont le potentiel aurifère s’est avéré important : sur les autres pays du plateau des Guyanes ou en Afrique de l’Ouest, plus de 10 000 tonnes d’or ont été reconnues.

Les gisements alluvionnaires

Ils sont issus de la désagrégation par altération des gisements primaires soumis aux précipitations très élevées du climat équatorial au cours de ces derniers milliers d’années. Ce sont ces gisements qui sont exploités actuellement en surface en Guyane et ont un contenu en or relativement limité. Le minerai est meuble et ne nécessite pas de broyage important.

Les gisements primaires

Ils se sont formés il y a environ 2 milliards d’années, par des sources hydrothermales dans des contextes volcaniques. L’or est souvent associé à d’autres métaux comme l’argent et le cuivre. La forme de ces gisements est souvent complexe, leur taille et leur teneur en or pouvant être très variables. Les gisements primaires sont exploités en souterrain ou en surface. Actuellement, les gisements d’or sont exploités dans le monde avec des teneurs de quelques grammes d’or par tonne de roche. Partout, les gisements primaires sont beaucoup plus importants que les gisements alluvionnaires, mais ils ont peu été explorés en Guyane.

Parmi les gisements primaires, on distingue les amas sulfurés et les filons. Les premiers se sont formés en association avec des volcans sous-marins, comme on en trouve actuellement dans le Pacifique. Montagne d’Or est un amas sulfuré de ce type. Ces gisements sont rares et souvent complexes. Les filons sont des failles remplies par des dépôts de minéraux. Ils se sont formés par des sources hydrothermales associées à la formation des montagnes. Ils sont souvent plus simples, plus petits et souvent plus riches en or que les amas.

Pour exploiter un gisement primaire, il est nécessaire d’extraire l’or de la roche dure et de broyer finement le minerai. Puis, on sépare l’or des autres minéraux et on le concentre afin de produire des lingots de doré.

L’objectif du projet est d’extraire les 85 tonnes d’or de réserve déjà définies sur ce gisement, soit une production d’or d’environ 6,7 tonnes par an sur douze ans. La concentration en or est de 1,6 g/t, ce qui le situe dans la moyenne des gisements de ce type exploité à ciel ouvert, et notamment dans le Bouclier des Guyanes.
Les travaux d’exploration actuellement en cours permettront d’affiner la connaissance du gisement de Montagne d’Or afin d’accroître progressivement les réserves et ainsi permettre d’étendre la durée d’exploitation du gisement.

Grain d’or visible dans les roches volcaniques

 

La concession Montagne d’Or : un potentiel qui s’est précisé au fil des ans

L’or alluvionnaire a été découvert dans le district minier de Paul Isnard en 1873 et a été exploité jusqu’à présent principalement sous forme artisanale et semi-industrielle. Les campagnes de prospection, réalisées lors de l’inventaire minier de la Guyane, commandé par l’État, ont permis d’identifier un potentiel minier à Montagne d’Or en 1976 (premiers indices), confirmé par des prospections complémentaires en 1986. La localisation et la forme du gisement, dictées par la géologie, ont été identifiées par de nombreuses campagnes de forages entre 1996 et 2016.

Prélèvement de roches en surface pour analyse

L’exploration est la première étape de la mise en valeur des métaux. À l’origine de toute nouvelle mine, il y a d’abord un projet d’exploration, mais un seul projet sur cent débouche sur une mine en production.

Les géologues raisonnent par analogie en référence à des contextes géologiques du monde dans lesquels ont déjà été découverts des gisements de métaux. Une fois qu’une région géologiquement favorable a été sélectionnée, ils en étudient la bibliographie disponible et les données minières connues régionalement, avant de lancer les phases d’exploration sur le terrain.

L’exploration se concentre d’abord sur des zones autorisées par les autorités administratives après avoir obtenu un permis exclusif de recherches (PER). Les géologues vont d’abord comprendre la géologie du secteur pour déterminer où peut se situer le gisement. Ils procèdent ensuite à des levés sur le terrain avec diverses méthodes comme la géologie, la géochimie et la géophysique, pour mieux localiser les concentrations minérales. Plusieurs programmes de forages vont ensuite déterminer la taille, la géométrie du gisement et sa teneur en or, c’est-à-dire ses ressources géologiques et ses réserves minières.