Les enjeux du territoire

Le projet Montagne d’Or s’inscrit dans un territoire, l’ouest guyanais, marqué par l’exploitation aurifère ancienne et des besoins en matière d’équipements structurants.

Le projet de mine Montagne d’Or se situe dans l’Ouest guyanais, territoire marqué par l’exploitation aurifère légale et illégale, qui présente des réalités qui lui sont propres tant en termes environnementaux que sociaux, économiques et culturels. Le projet s’inscrit dans un contexte sensible dont il devra tenir compte pour son intégration dans le territoire et sa contribution au développement local.

Un territoire marqué par l’exploitation aurifère depuis 150 ans

Une filière économique ancienne encore peu industrialisée

Depuis la découverte officielle de l’or en Guyane en 1854, son exploitation a essentiellement concerné les gisements alluvionnaires dits « secondaires ».

Aujourd’hui encore, la quasi-totalité des 418 autorisations d’exploiter (AEX) délivrées depuis 2001, dont 92 sont toujours valides, concerne ce type de gisement. Les exploitations d’or secondaire sont
généralement conduites par des PME-TPE qui sont porteuses d’environ 500 emplois locaux directs. Elles sont déployées sur les zones minéralisées autorisées par le Schéma départemental d’orientation minière (SDOM), utilisant un procédé d’extraction mécanisé semi-industriel, sans produit chimique, et prenant en compte les contraintes environnementales.

L’orpaillage illégal source de sérieuses préoccupations

La Guyane est particulièrement touchée par les activités d’orpaillage illégal qui se déploient sur les zones minéralisées, interdites ou non par le SDOM. D’après certaines estimations, la production
illégale d’or serait de 5 à 10 tonnes par an, pour plus de 6 500 orpailleurs, d’après la Préfecture.

Ainsi, la Guyane ne bénéficie pas à sa juste valeur des richesses extraites de son sous-sol, notamment en matière de fiscalité et d’emplois.

Pire, les impacts de l’orpaillage illégal sont particulièrement néfastes en termes environnementaux, humains et économiques. Les techniques utilisées sont rudimentaires (traitement au mercure à même le sol, alors que l’usage du mercure pour amalgamer l’or est interdit depuis 2006 en Guyane) et détruisent irrémédiablement l’environnement : destruction de la forêt, altération et pollution des cours d’eau, contamination des sols, etc. L’impact environnemental ne se limite donc pas à la zone d’extraction, mais s’étend sur des kilomètres de rivières contaminées. Les sites illégaux ne sont pas remis en état une fois l’exploitation terminée, ce qui entraîne des impacts durables, parfois définitifs, sur l’eau, la faune et la flore.

La Guyane : une terre de contraste aux potentialités à révéler

La Guyane est le seul territoire européen situé en Amérique du Sud. En tant que Département et Région d’Outre-mer de la République française, elle est reconnue comme région ultrapériphérique de l’Union européenne. La Guyane fait face à des défis économiques et sociaux majeurs mais elle présente de nombreux atouts indéniables à valoriser.

Démographie

  • La population de la Guyane serait de 281 000 habitants, selon l’INSEE, soit deux fois plus qu’il y a 20 ans. La Guyane a une démographie très dynamique : la population devrait ainsi doubler de nouveau à l’horizon 2040 (INSEE, 2011) et l’immigration est très importante. Aujourd’hui, la majorité de la population est concentrée dans trois villes du littoral : Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni.
  • La croissance démographique de la population de la Communauté de communes de l’Ouest guyanais (CCOG) est de 4,5 % par an (supérieure à la moyenne guyanaise de + 2,4 %). Le poids de la CCOG dans la population guyanaise est de plus en plus important. La commune la plus importante, Saint-Laurent du Maroni, compte 44 169 habitants. Sa population est jeune : 68 % sont âgés de moins de 30 ans, dont 42 % de moins de 15 ans.

    Vue aérienne de Saint-Laurent-du-Maroni

Taux de chômage

  • L’augmentation de la population pose aussi un véritable défi économique puisque la création d’emplois ne suit pas l’augmentation de la population et le taux de 22% de chômage en 2017 reste important en Guyane, contre 9 % en France hexagonale. Selon l’INSEE, le chômage touche surtout les jeunes actifs, les ouvriers, les peu ou pas diplômés et les femmes (avec un écart de cinq points entre les deux sexes) : 44 % de chômage chez les moins de 25 ans et 28 % de chômage chez les femmes entre 15 et 64 ans.
  • Pourtant, la croissance économique moyenne s’est élevée à 2,2 % en 2016 (2,5 % en 2015 et 4 % en 2014), alors qu’elle est de 1,2 % en France

Le tertiaire reste le principal employeur en Guyane

  • Selon l’INSEE, l’économie guyanaise est marquée par une forte tertiarisation, liée à l’importance des services administrés. En 2017, huit personnes ayant un emploi sur dix, salariées ou non, travaillent dans le tertiaire.
  • Les secteurs agricole et industriel produisent respectivement 4 % et 20 % de la richesse en dépit des ressources existantes largement inexploitées.
  • Les pistes de développement sont nombreuses : tourisme, activité minière (or et terres rares), domaine spatial, recherche, etc. À noter que les secteurs non marchands (administration, santé, éducation) ont un poids significatif dans l’économie guyanaise, au-dessus de la moyenne nationale. Les financements extérieurs, l’État et les institutions publiques représentent près de 90 % du PIB du département et près d’un actif guyanais sur trois travaille dans la fonction publique.

Formation

À Saint-Laurent du Maroni, près de 70 % de la population non scolarisée de 15 ans ou plus n’est titulaire d’aucun diplôme ou au plus du diplôme national du brevet.

Lycée R. Tarcy, Saint-Laurent-du-Maroni

 

Afin de renforcer la compétitivité de l’économie guyanaise et l’attractivité touristique, les pouvoirs publics soutiennent donc le développement des infrastructures qui sont aujourd’hui
insuffisantes : transports (routes et port de commerce de Dégrad des Cannes), télécommunications, énergie, etc.
La formation des jeunes en particulier est également identifiée comme une priorité, notamment en luttant contre le décrochage scolaire de 47 % chez les 15-24 ans. Cela représente 7 000 jeunes qui
ne sont pas inscrits dans un établissement d’enseignement et ne sont ni en situation d’emploi, ni en stage en 2013.

Un patrimoine environnemental riche et singulier

La Guyane est une région reconnue pour la richesse de la biodiversité de sa forêt équatoriale humide. Elle est recouverte à près de 90 % de forêts, soit près de 8 millions d’hectares, caractérisées par une végétation arborée haute et dense et un endémisme local et régional. En 2007,  le Parc amazonien de Guyane d’une superficie de 3,4 millions d’hectares a été créé afin de préserver et de valoriser la biodiversité et les cultures des populations locales qui y vivent. La Guyane possède également plusieurs réserves naturelles nationales ainsi que deux réserves biologiques intégrales (Petites Montagnes Tortue et Lucifer /Dékou-Dékou).

La Guyane compte près de 189 espèces de mammifères, plus de 560 espèces d’oiseaux nicheurs et une grande diversité de reptiles, d’amphibiens, et d’insectes. La flore est estimée à environ 7 000 espèces végétales indigènes sur le territoire guyanais.

Du fait de sa position dans la zone climatique équatoriale humide, la Guyane possède un réseau hydrographique très dense et ramifié avec plus de 110 000 km de cours d’eau et une densité particulière de criques dans les zones forestières.
La faune aquatique d’eau douce de Guyane est particulièrement riche, avec plus de 400 espèces de poissons recensées, 2 espèces de loutres et la présence de 9 espèces de tortues. On y trouve également des milieux marins et littoraux abritant une riche faune marine (mammifères, tortues et poissons).
Cependant, la richesse de la biodiversité reste encore mal connue. La DEAL et la Collectivité territoriale de Guyane portent un projet d’office de la biodiversité qui servira d’outil de connaissance et de conservation de la biodiversité en Guyane.

Parmi les documents de planification, le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) vise une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau. Adopté en 2015, il fixe les objectifs de préservation et de restauration de l’état des eaux, superficielles et souterraines et les dispositions à prendre pour les atteindre.